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» Catégorie : politique


Qui est passé avant le facteur?

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Jeudi 19 mars, la grève générale annoncée a eu raison des rues des grandes villes (et autres plus petites) de France. Vous l’aurez compris si vous avez attendu le métro pendant des plombes, ce jeudi noir s’est donc montré à la hauteur des espérances des leaders de l’opposition.

En première ligne des manifs’ parisiennes, Olivier Besancenot, sacré en 2008 meilleur opposant à Nicolas Sarkozy.  Rien d’étonnant me direz-vous, puisque les leaders du Parti socialiste étaient l’an dernier bien trop occupés à se dévorer entre eux, au nez et à la barbe du Français moyen qui commençait, lui, à crever la dalle. Mais s’en tenir à cette explication serait sans doute un peu réducteur. Pour comprendre les raisons du succès de Besancenot, il nous faut déterminer les critères sur lesquels on l’évalue. Le meilleur opposant à la politique du gouvernement est sans nul doute celui qui parvient le mieux à faire entendre des idées politiques différentes de celles du gouvernement, voire même, une autre vision de la société. Mais il doit également être un leader politique suivi par le peuple.

Le petit facteur est devenu un adversaire à la politique du gouvernement en se dotant notamment d’une communication digne des représentants des grands partis. Prenant fait et cause pour les opprimés, défendant les oubliés des réformes Sarko, et pointant du doigt les dysfonctionnements de l’économie de marché, cette année a vu naître une véritable idylle entre les caméras et lui. S’il y a en effet un pouvoir sur lequel le leader n’aspirant à aucune fonction étatique n’est pas prêt de cracher, c’est celui des médias. Marchant tantôt en tête des manif’s, s’asseyant un peu plus tard sur le canap’rouge de Drucker, Besancenot surfe sur la vague de la crise. En apprivoisant et en utilisant les médias, il a donc réussi à être le mieux placé pour faire entendre la voix de l’opposition.

A en juger par le nombre important d’adhésions au NPA, il parait clair que son créateur et dirigeant est suivi par le peuple, ou tout au moins par une grande partie.  Avec des idées pragmatiques mais non moins alléchantes, la crise économique légitimise le programme du nouveau parti. Augmentation des salaires, interdiction des licenciements, baisse des prix, bref, autant d’idées qui ne peuvent que donner envie à tous ceux qui ont du mal à boucler leur fins de mois de prendre leur carte. Or, lorsqu’un leader politique reprend à son compte des revendications populaires, il emet en réalité des propositions politiques populistes. En effet, monsieur Martin, qui à 53 ans, risque de faire partie du plan social de Continental, se tape complètement du fait que l’interdiction des licenciements prôné par Besancenot soit irréalisable, et à la limite de l’absurdité. Monsieur Martin a peur de se retrouver au chômage à 7 ans de la retraite, et approuve la proposition d’interdiction des licenciements. Sans doute, peut on donc mettre en évidence le fait que Besancenot a pris la tête de l’opposition en France en abreuvant les médias d’un programme certes plaisant, mais populiste, et pire, inopportun, ce qui, pour un leader révolutionnaire, est tout de même un peu timide.

Or, qui, en 2007, a gagné les élections présidentielles à grands coups de show télévisés, haranguant les foules avec un programme  conçu pour que les petites gens gagnent plus d’argent? Le comble de cette histoire, est que le champion de ces méthodes de communication en matière de politique n’est autre que le Président lui même. De quoi est-il question alors?  L’exemple de ce parti montre bien que le jeu et la compétition politique s’articulent dorénavant autour de programmes peut être trop concrets, trop pragmatiques quelques fois inadaptés ou irréalisables, alors que la vraie vocation de la politique, celle d’organiser la société, est trop souvent laissée de côté.

 

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